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«Je ne suis pas un homme qui fasse des richesses le principal objet de ses désirs; je ne suis pas, reine, ambitieux d'une couronne; je ne suis pas un menteur; je suis un homme, de qui la parole est sincère et l'âme candide: pourquoi te défier ainsi de moi? Toute chose utile à toi, qu'il est en ma puissance de faire, estime-la comme déjà faite, fût-ce même de sacrifier pour toi le souffle bien-aimé de ma vie! Certes! exécuter l'ordre émané d'un père est supérieur à tout devant mes yeux, le devoir excepté: néanmoins, reine, je partirai dans le silence même de mon père, et j'habiterai les bois déserts quatorze années, sur la parole de ta majesté seule. »
Ironie d’Oriane (Feutre bleu) : comme j’aurais aimé que mon mari le Général Proust ait cette psychologie. J’aurais pu mettre ce texte dans sa bouche, de façon ironique, lorsqu’il fait une déclaration publique alors qu’il n’en pense rien. C’est presque un discours électoral (il n’y faudrait que quelques retouches)
Note du copiste : je crois avoir maintenant compris la raison des indications de matériel d’écriture et de couleur qu’Oriane utilise systématiquement dans ses carnets. Je pense qu’il s’agit de quelque chose comme des liens hypertextes. Il y aurait ainsi une trame possible de son «futur» roman liant les passages écrits au stylo «Bic» ou au «crayon», de même d’autres trames seraient dépendantes du «rouge» ou du «bleu nuit» ce qui permettrait une infinité de trames à partir des mêmes éléments de base. Quelque chose comme un roman virtuel infini. C’est peut-être cette puissance illimitée du virtuel qui l’a finalement empêchée de l’écrire. Une hypothèse parmi d’autres. Pour la vérifier, il faudrait mettre tous ces textes sous un tableur de façon à faire des tris conditionnels. Je le ferai peut-être un de ces jours même si ça doit me prendre beaucoup de temps.
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